Grève dans la construction : « On ne sera pas patient », prévient Jean Boulet
Le gouvernement du Québec « ne sera pas patient », affirme Jean Boulet, ministre du Travail, questionné mercredi matin au sujet de la grève déclenchée à minuit dans le secteur de la construction résidentielle. Au point d’avoir recours à une loi spéciale pour mettre fin au conflit? « On n’exclut rien », répond-il.
Selon l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), qui représente la partie patronale, entre 44 000 et 47 000 habitations en construction pourraient être perturbées par la grève.
C’est malheureux, un conflit de travail
, lance le ministre Boulet. Il faut penser à l’impact sur ceux et celles qui accèdent à la propriété, à l’impact que les retards dans la construction résidentielle vont avoir.
Les Québécois et Québécoises ont droit d’accéder à des logements, à des maisons, et il faut éviter qu’un conflit de travail ait cet impact-là [...] Il faut accroître notre offre.
On ne peut pas se permettre d’être patient dans le contexte de l’habitation actuel [...] Je m’attends à ce que ça dure le moins longtemps possible
, lance-t-il. Dans l’intérêt de tout le monde.
Un discours qui trouve écho dans celui de France-Élaine Duranceau, ministre responsable de l’Habitation, également questionnée mercredi matin dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Des délais additionnels, ça veut dire des coûts additionnels
, fait-elle valoir. On espère que les parties vont rapidement en arriver à une entente.
Faire confiance aux parties
Le ministre Jean Boulet dit néanmoins faire confiance au sens des responsabilités des parties
.
Et les parties, si elles le consentaient, je pourrais nommer un arbitre qui mettrait fin au conflit dès le moment où je [leur soumets ça]
, une option abordée lundi lors d’une rencontre entre les parties et le ministre, dit ce dernier.
Il faut penser à ces alternatives-là, il faut éviter la loi spéciale, il faut faire confiance aux parties. À ce stade-ci, c’est mon état d’esprit.
Pour l’heure, le ministre compte analyser les impacts [du conflit] jour après jour
. Mais, comme je dis, il faut y aller étape par étape.
Il est plus que temps qu’on arrive à un règlement
, croit Alexandre Ricard, porte-parole de l’Alliance syndicale de la construction.
En point de presse mercredi matin, il a qualifié d’inacceptables
les offres présentées par l’APCHQ, alors que les propositions mises sur la table par la partie syndicale la semaine dernière s’alignent avec les autres secteurs de l’industrie de la construction
.
Pour les immeubles de cinq et six étages – le résidentiel lourd
–, la demande de hausse salariale est de 22 %. Pour le résidentiel léger
– entre un et quatre étages –, c’est une prime supplémentaire de 2,35 % qui est revendiquée pour s’assurer que l’écart ne s’accroisse pas
.
De son côté, l’APCHQ propose une hausse de 18 % sur quatre ans.
L'entente entre l'Alliance syndicale et les associations patronales des autres secteurs prévoit des augmentations salariales de 22 % sur quatre ans.
Trouver le point de rencontre
Il y a des négociations qui avancent. Il y a une volonté de l’APCHQ d’écouter et de trouver la voie de passage comme fait foi la proposition d’hier majorée à 18 %, qui représente une amélioration et qui représente la deuxième proposition en une semaine. Parce qu’il y avait une proposition intérimaire à 5 % pour la première année, qui a été rejetée
, a indiqué Isabelle Demers, vice-présidente, Développement stratégique, Affaires publiques et Innovation à l'APCHQ à l’émission Zone économie.
Selon Mme Demers, la proposition syndicale de 22 % est sur la table depuis avril dernier et a été rejetée par les employeurs.
Elle affirme que la demande syndicale aura un impact sur les ménages qui payent leur habitation.
Toute augmentation de salaire a un impact direct sur les coûts de revente et de construction
, a indiqué Mme Demers, qui souligne que les salaires représentent de 40 à 50 % du coût dans le secteur résidentiel.
Ce n’est pas de rendre service au Québec d’accepter une demande qui a un impact si grand
, a-t-elle avancé, ajoutant qu’il fallait trouver le point de rencontre
, tout en soulignant que la majoration de 18 % était une offre finale de l’APCHQ.
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